mardi 16 novembre 2010

Everything means everything*

* Conversation 16 - The National. Je crois que j'aime d'amour toutes les chansons d'eux. 


Bonjour mes petits,

Il y a des jours comme ça, où le moindre rayon de soleil semble être un soulagement, bien plus effectif qu'un vrai traité de paix. 

Il est 9h59 et je suis douchée, habillée et j'ai pris l'air 45 minutes. Après plus de 48 heures au trente-sixième dessous, avec une sorte d'otite combinée d'insomnie et de migraine horrible, j'ai l'impression de redécouvrir le monde. La dernière fois que je vous ai écris, j'avais un orchestre philharmonique dans mon oreille. Je n'avais pas dormi et j'étais mal. Je suis allée chez le docteur samedi matin qui a découvert du "fluid" derrière mon tympan, d'où le bruit. Je suis sous antibio pendant 14 jours. J'ai testé le système de santé américain, mon assurance prend en charge la consultation mais je dois avancer les médicaments. Ainsi, arrivée à la pharmacie, le monsieur me sort des médicaments hors de prix (plusieurs centaines de dollars). Voyant la tête que j'ai fait, il me dit : "je téléphone au médecin et on voit si on peut vous trouver autre chose car ceux-là sont des antibiotiques pour les personnes allergiques aux antibiotiques" (je précise que j'ai du dire 4 fois que je n'étais pas allergique aux antibiotiques, une fois sur papier, une fois à l'infirmière qui a pris ma tension, deux fois au docteur + ensuite au pharmacien). Ainsi, il me sort des autres médicaments : EN SOLDES. Et vu que j'ai la carte de fidélité du supermarché (une vraie femme au foyer, je vous l'avais dit) (en vrai, ça me fait des réductions sur l'essence quand je fais le plein donc je ne crache pas dessus), j'avais 50% de réduction. De quelques trois cents et quelques dollars, je suis passée à 4$... J'ai un peu peur d'avoir des trucs bizarres et périmés, c'est pas très rassurant des antibiotiques soldés. Qui plus est, j'ai eu des décongestionnants qui m'ont totalement donné la nausée. Donc dimanche et soir et surtout hier, j'étais dans un sale état : j'ai sauté 4 repas (ça ne m'arrive jamais, jamais, jamais. sauter un repas même si je n'ai pas faim, c'est comme être punie et je suis sadique mais je ne me punie pas moi-même !), j'ai encore très très mal dormi la nuit de dimanche à lundi et lundi, j'ai du dormir 6-7h dans la journée (encore une fois, ça ne m'arrive jamais, jamais, jamais de faire de sieste. je suis plus du genre à m'enfiler 4 cafés plutôt que de fermer les yeux, mais hier, j'ai pas contrôlé, je me suis endormie devant mon ordinateur, endormie dans le fauteuil en train de lire mon roman, endormie sur mon lit alors que je ne faisais rien... !). Et c'est seulement après 2 jours de traitement que j'ai enfin lu la notice des décongestionnants : arrêter tout de suite si vous souffrez de nausée et d'insomnie. Ok. Agathe, tu ferais mieux de lire les boites avant. Toujours, comme pour les couleurs de cheveux ou le fonctionnement des cafetières (expérience vécues où je fais tout de travers car j'ai la flemme de lire la notice).

Bref, ce matin, après 11h de sommeil grâce à une petite pilule bleue magique de Scott et un vrai dîner hier soir, je me suis réveillée en forme. Avec une envie géante de mettre le nez dehors. Je dis aux enfants que  ce matin, je les accompagne à l'école. Ils sont contents. Je saute dans mon jean, dans mon manteau nounours, prend mon casque et mon iPhone et hop, nous partons bras dessus bras dessous. Il y a un grand soleil. Il ne fait même pas froid. Hier à la même heure, il y avait une tempête de neige. J'ai déposé mes kids devant leur classe, après un câlin d'Emily, je mets mes écouteurs et je suis le premier chemin que je trouve. 45 minutes d'air frais et de rayons de soleil. Je me sens revivre. Je sais bien que faire du sport m'aurait fait encore plus de bien mais je n'ai toujours pas d'équipement pour courir dans le froid, donc ça voulait dire d'aller au YMCA (jump in) et être à l'intérieur, ce n'était pas possible. 

Aussi, hier soir, Scott et moi avons eu une discussion encore très constructive et qui me flatte tellement que je pourrais même pas vous dire toutes les choses gentilles qui m'a dit car j'aurais les chevilles qui enfleraient  trop. Hier, Emily m'a dit "I love you agathe" et je trouve ça adorable, une sorte de consécration. Et Alex m'a fait des oiseaux en origami, plein, qui bougent leurs ailes. Il sait comment me faire plaisir ce petit. 

Voilà, ce n'est pas très intéressant ce que je vous raconte (en même temps, est-ce que certains de mes articles le sont ?) mais j'avais envie de vous dire que j'étais bien. Je me sens bien. J'écoute le podcast de "Comme on nous parle", la voix de Pascale Clark m'apaisera à jamais. C'est bizarre, je sais, mais c'est véridique. Je suis dans le fauteuil bleu, le fauteuil le plus confortable de la maison et je regarde le ciel bleu. C'est calme. Personne n'est là. Ce matin, pendant ma promenade, je n'ai pas croisé âme qui vive. Même dans le ruisseau que j'ai longé, pas un poisson, pas un canard. Seulement des oiseaux qui chantaient et volaient très hauts. J'étais sereine. C'est des petits riens qui font du bien. 

Des bisous mes ptits loups. 

Voilà quelques photos, certaines datent, ma procrastination féroce m'a empêché de vous les faire partager quand c'était encore l'automne.

Vendredi, il y a 10 jours, l'été indien à Denver (j'étais en robe d'été, je suais et j'ai cherché tous les moyens d'avoir moins chaud, en vain !)

Le Denver Art Museum depuis le 1er étage. 
 Vue sur le State Capitol depuis l'intérieur du musée. 
 Les dernières couleurs de l'automne




 Et pendant ce temps-là, début novembre, le traîneau du Père Noël escalade déjà le toit de la mairie...

Une semaine plus tard, bien obligée de troquer mes robes d'été contre un manteau nounours : 




Je ne vous ai pas parlé de ça, nulle que je suis ! Samedi, après le docteur, Mary, les enfants et moi somment partis en direction de Denver pour aller faire un tour de Banjo Billy Bus. Nous avions ce projet depuis que je suis arrivée mais après avoir décommandé une fois, nous avions eu du mal à retrouver une date. C'est un vieux bus en bois, qui fait un boucan pas possible. L'intérieur a été transformé en salon hippy : fauteuils en velours, guirlandes, musique country et guide-chauffeur habillé en pantalon velours + chemise à carreaux + veste en mouton retourné. Le principe de ce bus, c'est de faire un tour dans le Denver historique du Wild Wild West. Le guide est génial, drôle. Il utilise un ton type d'un western. Il nous raconte toutes les histoires glauques, les meurtres et les histoires de fantômes de Denver. J'ai vu des maisons magnifiques, des "mansions", ces villas des nouveaux riches américains, qui ont fait fortune quand le marché a changé de l'argent à l'or. Ceux qui comme moi, ont vu Titanic, 457 fois, vous devez sûrement vous souvenir de Molly Brown ? La nouvelle riche grande gueule ? Elle a vraiment existé, elle a survécu au naufrage et est surnommé l'insinkable Molly Brown. Et bien cette dame était une Denverite. Elle a fait fortune car elle a épousé un mineur (dans les mines d'argent) qui a découvert comment creusé très très profondément. Et l'or est plus profond que l'argent. L'hôtel le plus luxueux de Denver a été construit par son mari. Il est super chouette, en angle et en pierres rouges. A ce qu'il paraît, on peut le visiter. Et je connais 3 histoires de meurtres concernant cet hôtel. Quant au reste du circuit, on est passé par la célèbre Colfax Avenue, tant aimé par Kerouac et Ginsberg puis par le Capitol Hill, quartier "riche" de Denver avec des maisons pas croyables. Super célèbres. Et apparremment construit sur un ancien cimetière donc les gens disent qu'il est hanté. Je n'y crois tellement pas que je trouve ça chouette, j'avais l'impression qu'on me racontait une histoire et qu'on se baladait à travers le bus. D'ailleurs, presque tous les soirs Scott nous lit une histoire, aux enfants, à Mary et moi. J'adore. C'est Dany le champion du monde de Roald Dahl. Je retombe en enfance, c'est vraiment chouette. Pour synthétiser, j'ai découvert des coins de Denver que je ne soupçonnais pas d'exister. J'ai appris plein de choses sur ma région d'accueil. Il ne manque plus qu'à sympathiser avec des cow-boys et faire du cheval et j'aurais vraiment vécu l'expérience du Wild Wild West ! 

L'autoroute le soir. 4 files de chaque côtés. Des lignes de lumières longues de kilomètres. 

Dimanche matin, oreilles bouchées comme pas possible, j'ouvre mes rideaux et c'est tout blanc, je crois être dans un rêve, à moins que les antibios aient des effets euphoriques, à la limite du psychotrope hallucinogène. 



 Les ptits oiseaux d'Alex et mes ptits oiseaux de bras.

Ma promenade matinale. Tout était gelé à l'ombre. 




Aucun commentaire: