jeudi 6 janvier 2011

Roman photo et lion des montagnes.

Mes petits castors,

Un récit simple sans image serait sûrement fastidieux et rébarbatif pour raconter les aventures pleines de rebonds et de dangers que nous avons vécu ces derniers jours. 

Mercredi, une fois les kids retournés à l'école, Martin et moi, chaussés de crampons et équipés de couteaux, lassots et autres accessoires de toute utilité, nous avons retrouvé notre partenaire de mission "BOULDER CANYON", Marine. Notre équipe internationale a donc pris le chemin des rochers pointus et des falaises ardentes pour espérer atteindre le sommet et rentrer en contact avec la faune et la flore locale. Nous avons remarquablement vaincu tous les éléments et mener à bout notre initiative : main sur cactus, rencontre avec cocon de mygale, discussion avec un condor, sieste avec un ours bien lêché, admiration du paysage avec un Mountain Lion (un puma), combat avec un raton laveur enragé, baignade avec un gang de castor....
C'est pourtant avec émotion que nous avons franchi le col : la neige ainsi que les éboulements de rocs ne facilitant pas notre équilibre sur la pente aigüe, sans compter le vol de piochets par notre ami Geronimo (le chef indien qui en fait, n'était pas si sympa que ça), notre ascension s'est avérée bien plus périlleuse que ce que nous imaginions. Martin, étant l'homme de la situation, pris la place la plus délicate : celle du meneur de troupes et d'ouvreur de route. Alternant notre rôles, Marine et moi surveillions nos arrières. Comme j'expliquais rapidement, les cactus nous aimaient bien, et nous jouaient des tours : enfouis sous la neige, nos prises d'escalade étaient en fait des pièges et c'est ainsi que Martin mis une première fois la main sur une sale plante. Puis, la neige nous tétanisa sur une falaise abrupte, Marine et moi, qui souffrions de vertige et panique exagérée. De plus, vous dire que notre condition physique atteignait son meilleur niveau serait vous mentir. Quatre mètres et les américaines que nous commençons à devenir crachions nos poumons. Malins, nous avons utilisés notre sens aiguisé de survie pour utiliser les décors de la nature en harmonie avec nos capacités physiques/nos accessoires afin de survivre. Marine a un vieux jean : elle peut descendre en toboggan. Martin a des grandes jambes : il peut donc enjambé des crevasses. Agathe est minuscule : elle peut ramper sous un arbre. 
Ceux qui ont fait des randonnées avec moi un jour (ou qui connaissent ma propension à rester bloquée en haut de tout ce que j'escalade), savent que j'ai tendance à tomber des falaises (véridique). La galère, la peur et le terrain instable des éboulis et de la neige, comme je vous le disais, vraiment, a transformé cette balade en une expédition digne de grands aventuriers. Ou Rocky. 
Surtout que je vous ai parlé des animaux avant, vous donnant l'eau à la bouche, mais je n'ai pas encore pris le temps de vous raconter nos déboires : le puma que Martin a essayé de caresser lui a quasiment croqué le doigt. Le condor qui s'est posé sur la tête de Marine lui a fait des dread dans les cheveux. Le python royal qui m'a glissé sur les bottes a failli s'emmeler et me faire tomber dans un précipice de glace. Quant à l'ours, Jean-Philippe de son prénom, il a été beaucoup plus cool qu'on pensait. Vous savez, on lit des livres et tout, sur le fait que face à un ours, autant prier en accéléré car les chances de survie son très faibles. Nous, l'equipe européenne d'expédition montagnarde, nous étions entrainé, nous avions un plan. Je grimpais en un bond sur les épaules de Martin (il faut se rendre grand et effrayé l'animal en levant les bras en l'air), j'aurais fait la chorégraphie de YMCA en hurlant de ma voix de crécelle, Martin aurait tapé des pieds et utilisés ses chordes vocales les plus basses. Quant à Marine, on ne sait plus vraiment ce à quoi elle servait, mais sûrement à courir très vite pour aller chercher des secours. 911. On était au top. Mais en fait, Jean-Philippe, il était cool, il nous a offert des chips, nous a pris en photo et puis, il nous a expliqué comment s'échapper des griffes des mountain lions, car en fait, c'est eux les méchants. Les sadiques. Ils tuent des caribous dans la ville et laissent leur carcasses fermenter dans les cours d'école de Boulder (véridique, again). 

Sauvés par la copine de Geronimo (le chef indien, remember), on a pu rejoindre la Walnut Brewery, une brasserie des rocky mountains, où nos ventres se sont rassasiés d'un délicieux burger, de frites et de coleslaw, suivi d'un dessert de toute bonté (Mini peanut butter cup pie, le pêché absolu de la calorie). Puis, retour au bureau du chef (sur le campus de Colorado University) pour lui faire un bilan de la mission BOULDER CANYON et lui ramener une plume de condor, puis aller s'entrainer au stade des Buffs de CU. 

Journée éprouvante, journée mouvementée mais c'est exactement ce genre de journée qui me fait vouloir passer ma vie ici. Des paysages comme ça, les amis, on ne voit pas ça au fin fond de la Bresse ni même en Haute-Savoie (et pourtant Dieu sait que j'aime la Haute-Savoie). Et encore, aujourd'hui, Martin et moi on a vu un lac encore plus beau, plus impressionnant que les gros cailloux (qui en vrai, n'étaient pas si haut, j'ai juste un peu exagéré) (non c'était vraiment dur car ça glissait : les pierres qui roulaient et la neige). Le ciel était bleu, l'eau à moitié gelée (dans laquelle des castors barbottaient), c'était calme, c'était beau. Je radote mais que voulez vous. Quand on voit ça, on ne peut juste le vivre et c'est dur de l'exprimer (oh ouah, ça c'est de la phrase). 

Je vous laisse les photos mes lapins, à bientôt. 

AU FAIT : ÇA FAIT 5 MOIS QUE JE SUIS LA. Je vous épargne le bilan : j'aime le Colorado plus que jamais (même si New York c'était vachement vachement cool), j'aime ma famille plus que tout et je veux les garder toute ma vie, j'ai eu des vacances et de la visite ce mois ci, j'ai voyagé, alors ça me change un peu. Le snowboard toutes les semaines, c'est un plaisir qu'on ne dédaigne pas. C'était Noël, vous m'avez manqué quand même un peu. Aujourd'hui, j'ai reçu une carte de mon petit Hugo chou, ça m'a donné envie de pleurer mais vu que je n'étais pas toute seule, je me suis retenue ! 


Mercredi 5 janvier 2011. Boulder Canyon. Colorado. USA. 

La mission peut commencer. 



Equipement : Checked. 


Le début de l'expédition, quand tout allait bien. 


Vous voyez, c'était beau, ça semblait calme et serein. 






Et là, c'est PARTI ! On attaque par une falaise abrupte, concentrée sur les prises, rien ne me fait peur. 



 L'ascension, le début tout sourire, inconsciente du danger qui nous attend. 

La paroi se fait glissante, le chemin plus étroit. Martin et Marine espèrent toujours arriver au bout de ce calvaire. 

On sent le regard 'putain, c'est pas si simple que ça en a l'air' de Martin, qui prend conscience de la menace grandissante. 


Oui, enfin une terre ferme. C'est là que le condor royal et Jean-Philippe l'ours arrivèrent. 

OH YEAH. Le sommet ! 


Mais finalement, la descente s'avéra plus difficile....

 Martin en perdit presque son bonnet.... 

Quant à moi, j'ai du ramper sous un sapin, les lunettes de soleil à la bouche... 

Le puma n'était pas loin, Marine espérait pouvoir encore fuir alors elle se faisait discrète derrière une branche de pin. 

Genre "tout va bien", mais en fait, elle serrait les dents car Martin était en train de terrasser le puma. 

Les chips offertes par Jean-Philippe, histoire de nous réconforter. 

Là, on était perdus. 

Vraiment perdus. 
 Mais heureusement, Martin a trouvé la route ! 

 
Avant qu'il décide de me noyer dans la glace. 


L'exercice était périlleux : on a du grimper dans des arbres... 


.... afin de traverser la rivière... 

... en équilibre sur un tronc... 

Mais sur le pont de la rivière Kwaï, on a pu se reposer. 
Là, c'est quand Jean-Philippe nous a pris en photo, pour mettre en souvenir sur sa cheminée. 



(L'éternel sourire d'hippopotame. Le retour !)
"Comment on va sortir de là, mais comment ? Dites moi ? J'ai les fesses trempées, j'ai envie de faire pipi, Martin a des épines de cactus dans les doigts, Marine dans les fesses. On a faim. Il y a un puma à nous trousses, un condor qui nous décoiffe, vraiment, comment on va survivre à ça ?"
- "Martin, tu penses qu'on va survivre à l'attaque de lions des montagnes, tantôt, je mords trop ma chique là... ?
- Mais bien sûr, petite belge, nous avons Jean-Philippe à nos côtés. Et il a des chips."

La pente étant trop pentue et glissante, nous avons du opter pour la solution "Toboggan en Levi's tout neuf !"

1 km à pied, ça use, ça use. 
2 km à pied, ça use les souliers. 

- "Choupinette, calme toi, on a survécu, respire calmement". 

"Choupinette, on va aller manger un hamburger maintenant. chuuut, respire !"

"Yay, on a survécu ! Adieu, Condor Royal, adieu Puma, on se reverra pour la suite des aventures"


(ça, c'est juste parce que c'est beau)








WE MADE IT. WE SURVIVED. 



Walnut Brewery. Le ventre bien tendu.

... et promenade digestive on the campus. (franchement, on me paye mes études, je ne dis pas non pour finir mon master dans ce cadre idyllique)








GO BUFFS. GO BUFFS. GO BUFFS. 


Rodeo buff. 

toulouloulouloulouloulou <3









C'est bien d'avoir un copilote qui fait des photos car je ne peux jamais prendre en photo la route alors qu'elle est belle et j'aimerais bien vous la montrer.



Jeudi 6 janvier 2011. 












Les lignes jaunes. 






 Une belle pochette de CD. De la musique texane avec un accent malien, ça cartonnera. 














Est-ce un loup ? Un puma ? un chien ? 















Je suis super fière de mon sapin vert. 

Spéciale dédicasse à Clark Kent. 

Colorado, Road 66. 

Saint-Amour n'a qu'à bien se tenir !



  LOVE YOU. 

3 commentaires:

cé a dit…

tu portes des ugg?? fashion faux pas alert!

Agathe a dit…

Ce ne sont pas les miennes. J'étais dépourvue d'equipement pour affronter la neige du Colorado. En plus, et ben, c'est vachement confortable !

Anonyme a dit…

Si tu veux je suis là pour témoigner de la chute de la falaise, au cas où quelqu'un douterai de ton honnêteté.

Mouahahahahah, cet épisode de ta/ma/notre vie m'était complètement sorti de la tête ! Que de souvenirs... LOVE YOU ! <3

Marie