jeudi 13 septembre 2012

Put an ocean and a river between everything, yourself, and home*

More than a year ago...

Cette photo n'a rien à voir mais j'ai un ordinateur en fin de vie qui ne me permet pas de mettre autre chose que la Creuse en photo...


Je ne sais pas vraiment commencer ce post. J'ai longtemps hésité à l'écrire, me demandant si ça en valait vraiment la peine. Puis, comme l'idée me revenait constamment, les soirs comme celui-ci, où je suis toute seule chez moi, j'avais ouvert une page word et tapait quelques mots... Mais il a fallu quelques éléments pour me décider. En fin de journée, je suis allée courir. Toute seule, avec de la musique. Ça faisait plus de 10 mois que j'avais pas ressenti ça. Extérioriser tout ce qui me travaille pendant 40 minutes. Transpirer et ne se concentrer que sur une chose : sa propre respiration. Une méditation qui me transporte et qui me fait mal en même temps. Peut-être est-ce pour ça que je n'arrive jamais à me donner ce coup de pied aux fesses pour y aller. Et pourtant, je sais comme ça me fait du bien. Et je sais comme j'aime ça. Être toute seule, par choix et oublier tout ce qui m'entoure. J'aurais du aller courir cette année, ça m'aurait peut être "soigner" naturellement... Ce n'est pas un footing qui m'a décidé à écrire cet article. J'ai ensuite fait le ménage. Et ceux qui me connaissent bien savent à quel point je trouve ça... jouissif (je n'ai plus peur de paraître bizarre sur ce blog). Mon appart est propre, je suis douchée, mes cheveux sont démêlés et tressés. J'ai une tasse fumante à côté de moi. Et j'écoute The National.

Autrement dit, je revis mon petit rituel américain. L'album High Violet de The National est la BO de mon année. J'en ai la chair de poule rien qu'à l'écouter. Et les larmes aux yeux rien que de penser à tout ce à quoi il me fait penser. Je repense à mes footings dans le quartier, mes balades, mes escapades, toute seule. Je repense à mes heures perdues, à lire, à regarder des séries, à écrire... Je repense à mes matinées entières à Ziggi's Coffee, à boire un latte. Je repense aux murs en brique du café. Aux canapés de cuir. Je repense à la neige qui tombe par la fenêtre un jour de janvier. Je repense à Julia qui arrivait toujours avec le sourire. Je repense à la musique ridiculeusement et incroyablement forte de mon père d'accueil lorsqu'il faisait le ménage. Je me rappelle ces moments où une fois les kids partis, j'allais astiquer la maison. Je repense à tous les bons petits plats que j'ai pu faire.  Tous ces moments où je n'avais rien de mieux à faire. Ces moments où j'avais choisi d'être seule. Ces moments dont je me rappelle la moindre seconde. Ces moments où j'avais conscience de vivre quelque chose d'exceptionnel mais je n'avais pas encore compris que des intenses moments de bonheur, et de loin ceux qui ont constitué la meilleure année de ma vie.

Ça fait maintenant plus d'un an que je suis rentrée. Plus de deux ans que j'ai mis les pieds pour la première fois dans le Colorado. Je ne sais pas si c'est de savoir que je ne revivrais plus jamais cette année qui me rend mélancolique ou de savoir qu'ils sont définitivement passé. Il me semble que seules les personnes ayant déjà vécu ce genre d'expériences peuvent comprendre ce que je ressens. Et je pense que seule Marine, ma copine Au Pair belge de Boulder et Julia peuvent comprendre ce que je ressens à propos du Colorado.

Ce sentiment qui m'attache profondément à cet état, comme si c'était le mien, comme si j'y avais grandi. J'ai l'impression que les montagnes m'appartiennent. Ah les montagnes, c'est sûrement ce qui me manque le plus. Voilà, première larme - I'm gonna go through it - Les paysages, les quelques arbres qui sont si précieux, les barns, les lacs, les chevaux, les vieux pick up tout défoncés, ces maisons en bois, les porches tous plus chaleureux les uns que les autres...

Chaleureux, c'est sûrement le mot qui décrit le mieux le Colorado. La capacité des américains à t'accueillir à bras ouverts et avec un grand sourire, n'importe où, chez eux, dans leurs magasins, leurs restaurants, leurs cafés... Vous n'imaginez même pas à quel point ça me manque.

Je rigolais toute l'année dernière à dire que je devais trouver un visa... Maintenant je me dis que si je retourne vivre aux USA, ça enlèverait la magie de la chose. Tous ces souvenirs qui me hantent ou qui m'ont construite, je ne veux pas les altérer.

Ceci étant dit, je donnerais un rein pour aller rendre visite à ma famille. Je devais y aller à la Toussaint, malheureusement mon sale budget pourri d'étudiante qui me permet même pas d'aller chez le coiffeur m'en empêcher... J'ai reçu un mail du père aujourd'hui, ça m'a rendu tellement heureuse. Les parents s'étaient séparés pendant mon année, et depuis le père habite à Boulder (ville de mon coeur) et la mère à Denver. Ce qui veut dire que "ma" maison à Longmont n'existe plus, ça veut dire que je ne pourrais plus vraiment me refaire une journée type, en passant par Ziggi's, et Highway 119 to Boulder. Je voulais me faire Halloween là bas, les mois que j'ai préféré là-bas, l'automne et l'hiver, les couleurs chatoyantes, les pumpkins carvings, puis la neige, le froid, les chants de Noël de ma mère d'accueil, les lacs gelés avec Martin, le snowboard à Eldora... quoi que je dis ça, mais j'ai adoré le printemps et l'été aussi... Que ça n'aurait plus vraiment de sens de passer là, et voir mes montagnes. Je donnerai aussi l'autre rein pour voyager through the US, au volant de n'importe quel véhicule, avec de la bonne musique et un café dégueu des stations services dans le porte-gobelet. J'ai envie de retourner à New-York, à SF (voir ma copine Anaïs qui plus est <3), toute la Californie en fait, j'ai envie d'aller dans les grands espaces de l'Ouest, j'ai envie d'aller dans le Sud, Louisiana, Alabama, Georgia, Tenessee... Il me reste tant à découvrir...

J'ai l'air comme ça de vivre complètement dans le passé, à me dire que l'année aux Etats-Unis était tellement bien que rien ne pourra être aussi génial. Peut être... Et puis peut être qu'un jour, je trouverais un travail aux Etats-Unis. Je m'en irais avec homme et enfants. Qui sait. Ou peut être que les Etats-Unis resteront à jamais mon Atlantide, un pays englouti dans mes souvenirs sublimants....

En attendant, j'essaye de retrouver des repères français/lyonnais. Mine de rien, pendant 4 ans, je n'étais plus vraiment lyonnaise. Et je ne suis pas plus lyonnaise que seine-et-marnaise que jurassienne que biotoise que n'importe où j'ai ou j'ai eu des racines... Il s'est passé beaucoup de choses depuis un an.

Déjà, j'ai pris la décision d'être Lyonnaise. Un gros risque. Pendant le road-trip avec mon frère, tom et pauline, je me suis "amourachée" de Tom. Un gros risque plein de couilles que j'ai pris en me disant "j'habite à Lyon, je sors pour du vrai avec lui, je vais 2 fois par semaine à Paris pour finir mon master et je bosse 35h par semaine pour financer tout ça". Finalement, je crois que c'est grâce à lui que j'ai tenu le coup cette année pourrie. Ah oui, on peut le dire, c'était une année à mettre en parenthèse. J'ai eu un Master 2 qui m'enchante pas vraiment, qui - professionnellement - ne me sert à rien et qui m'a bien embêté pendant toute l'année. J'ai bossé à me tuer le moral avec deux monstres que je gardais (finalement, sadique que je suis, ils me manquent grave). Franchement, c'était vraiment une année horrible, contre-coup du Colorado ou gros coup dans la gueule des "t'as 23 ans il serait peut être grand temps de trouver quelque chose à faire de ta vie" ou gros coup dans la gueule de "pourquoi tu prends toujours les décisions les plus compliquées qu'il soit". Oui mais il y avait Tom. Ça aurait pu ne pas marcher et je pense que toutes mes décisions m'auraient réduite à être sois écrasée en bas de ma fenêtre ou alors en train de vendre des fruits et légumes à la vie claire (question d'éthique).

On dirait pas comme ça, mais j'ai pris des décisions plus sages : j'ai décidé de devenir maîtresse. C'était un peu le métier que je voulais pas m'avouer comme "parfait pour moi". D'ailleurs, la plupart de mes amis et ma famille m'ont dit "quoi ? mais je croyais que t'allais avoir une carrière brillante, je te voyais ministre (dixit ma grand-mère)..." (là, c'est la phase "agathe tu mérites mieux que ça") puis ils ont tous mais alors tous changés de sens en me disant : "Nan mais Agathe, c'est le métier qu'il te faut, tu adores les enfants, ils t'adorent, tu t'éclates avec eux, tu veux être libre, utile, faire un métier pas monotone et avoir du temps pour voyager : go for it !". J'ai été acceptée pour faire un autre M2 de formation pour être "Professeur des écoles"(j'ai deux licences, il fallait bien deux masters). Maintenant, il ne me reste plus qu'à avoir le concours. Autre histoire. En général, les candidats font un M1 de formation, qui les prépare au concours. Moi je me suis préparée toute seule - ou tout du moins, j'essaye de me préparer toute seule - depuis début août. Et pour conclure, c'est dur, très dur. J'ai l'impression que je n'assimile rien. Mes moyennes excellentes du lycée sont loin très loin. Je m'en tire pas trop mal en français (malgré mon orthographe que j'ai oublié y a 4 ans en Allemagne) et en maths (enfin, comparé au lycée encore une fois, dur dur). Les sciences, ma bête noire depuis toujours, le truc qui enlève toute la magie et la poésie du monde - ou de mon monde, c'est une autre histoire. Et l'histoire-géo, ah les capétiens, les hommes de Néanderthal... c'était y a bien longtemps, à peu près aussi distants dans mes souvenirs.
Je révise tout ce que je peux, à part ce soir, je pouvais plus. Je passe le concours les 27 et 28, résultats mi-novembre. Croisez les doigts pour moi.

J'ai besoin d'un salaire, j'ai besoin d'être indépendante financièrement de ma mère et mon copain, j'ai besoin de vacances, des vraies, sans mémoire ou révisions dans la tête. J'achèterais 2 billets d'avion pour mon amoureux et moi et je l'emmènerais en voyage. En parlant de voyage, je suis allée en Inde, c'était bien. Trop long à raconter et c'est pas le sujet.

Le sujet auquel je voulais en venir, c'est de conseiller n'importe quelle personne qui hésite à partir un an à l'étranger / aux Etats-Unis : VAS-Y ! Avec un an de recul, je peux dire que c'était la meilleure expérience de ma vie.

Sur ce,

Je vous embrasse, l'heure de me coucher à sonner.

* The National of course...



Aucun commentaire: