mardi 6 mars 2012

My own personal Jesus

* C'est exactement comme ça je considère ce blog. Ecoutez Johnny Cash and you'll get why. 

Je ne sais pas vraiment par où commencer pour vous raconter 7 mois de ma vie (et oui car cela fait 6 mois que je suis revenue en France mais 7 mois que je ne suis plus au pair - le fameux roadtrip de la mort qui tue). 

Je vais raconter en vrac des choses et puis dans tous les cas, vu qu'écrire est la seule chose que je fais sans être organisée et sans me poser de question, ça viendra comme ça viendra donc je n'ai pas besoin de faire de plan... 

Je suis partie aux Etats-Unis parce que la France me pétait les couilles,  parce que j'étais perdue, complètement paumée dans ma vie : est-ce que je voulais vivre à Paris ? Et en France ? Qu'est-ce que j'allais faire comme M2 ? Qu'est-ce que j'allais faire de ma vie ? C'est quoi mon problème ?
Je voulais trouver des réponses.
1 an et demi plus tard, rien n'a changé. Enfin tout à changer mais les questions sont exactement les mêmes.... Je suis juste un peu plus blonde, un peu plus tatouée, j'ai un amoureux dans la poche et un système immunitaire qui commence à me les briser and i can speak english very well. That's it. Sinon, c'est à peu près le même bins. Le même bordel. 

Je pensais qu'un an loin de tout (ma famille, mes amis, ma vie, ma culture) allait me faire prendre conscience de ce que je voulais. Dire que ce voyage ne m'a pas aidé serait mentir. Car j'ai grandi. J'ai appris tellement sur la vie et sur moi-même. J'ai l'impression qu'il m'a mis sur le chemin vers la fin du labyrinthe dans lequel je me trouve depuis 6-7 ans. 

Un labyrinthe fait parfois de portillons qui s'ouvrent devant moi, menant sur des longues voies heureuses et paisibles. Mais aussi fait de vilains pièges, de mauvaises routes, de spirales qui tournent en rond, d'embuscades qui remettent en question le chemin qu'on avait suivi jusqu'à présent. Perdu dans un labyrinthe, bien qu'en étant le plus optimiste possible car il y a toujours une sortie, dès fois, on perd espoir, on angoisse, on panique, on regrette, on a peur et on a mal. 

Mon année américaine a été à la fois houleuse et sereine. J'ai justement appris à redécouvrir cet état que j'avais perdu, celui où j'étais bien, calme, paisible. J'ai appris à avoir de nouveau confiance en moi : ne plus se soucier du regard des autres et de leur jugement. Être en soi à la fois plus ouverte et plus égoïste car j'ai réalisé que je ne vivais que par moi-même pour les autres et non l'inverse : vivre par les autres pour soi-même. 

Être mère pendant un an, être un pilier pour une famille qui éclate, être une épaule sur laquelle pleurer et une épaule sur laquelle s'appuyer pendant un fou-rire. Être parfois entièrement livrée à soi-même, ne pas pouvoir téléphoner en pleurs à sa meilleure amie ou sa mère car il est 2h du matin en France, avoir l'impression de ne rien faire de sa vie car pour une fois, on a du temps. C'est dur et en même temps, tellement utile. 

Revenir en France, prendre des décisions importantes : choisir un endroit où vivre, trouver un job qui rémunère assez pour vivre bien, se laisser pour la première fois tomber amoureuse, mettre l'Amérique très loin dans sa tête alors qu'elle tambourine dans son coeur, oublier les soucis français qui sont toujours là, se faire happer par une routine épuisante, perdre pied, être malade physiquement et mentalement, se noyer dans un quotidien tourmenté, et réaliser plein de choses qui frappent comme des grandes claques mais qui permettent de rebondir... puis sortir la tête de l'eau, petit à petit, blessée et fatiguée... mais avec le soutien des gens que j'aime et qui m'aiment et l'aide des gens qui en ont fait leurs métiers, j'arrive aujourd'hui dans un espèce de marécage à la fois ensoleillé et vaseux, je ne sais pas trop où j'en suis mais je m'accroche

Voilà ce qui s'est passé depuis 7 mois. 

Je suis toujours Agathe, je suis toujours aussi maladroite et directe, je suis toujours une grosse paresseuse avec tout ce qui nécessite l'usage de mes deux mains et un brin de précision (changer une ampoule, planter un clou etc.... je pense à ça car je viens d'aller pisser et je vois rien dans ma salle de bain car depuis 4 mois j'ai une ampoule qui a grillé et je me contente de dire que je suis trop petite pour la changer alors que je n'ai même pas essayé), je n'ai donc toujours aucune patience, j'ai toujours des ambitions imbéciles et utopistes (je vous le rappelle : j'aimerais avoir un job qui me laisse libre, qui me stimule, où je pourrais être payée pour écrire et voyager et qui me permet de vivre bien (dans une grande maison, avec des chats, des sapins et une cheminée) - oui j'aimerais écrire des livres, oui c'est aussi ambitieux que de vouloir gagner les prochaines présidentielles quand on s'appelle Eva Joly et qu'on a comme prédisposition pour le métier qu'un engagement politique....), j'ai toujours la bougeotte (je rêve d'Amérique bien sûr, mais aussi d'Inde, de Viet-Nam, de Laos, de Thaïlande, de Cambodge, de Bali...), j'aime toujours autant les garçons avec des tatouages (d'ailleurs, amoureux (j'ai pas envie de l'appeler par son prénom ici, je vais lui en trouver un de substitution un jour) va en avoir un bientôt, alors déjà qu'il me plaît, là je ne vous raconte pas...), j'aime toujours dire des âneries (surtout quand ça a un rapport direct ou lointain avec les parties de jambes en l'air - et j'ai hautement gagné en crédibilité depuis que ma propre activité n'est plus le désert de Gobi), j'aime toujours lire (et je prends le temps pour le faire plus souvent - j'ai découvert Jim Harisson, il a écrit une vingtaine de romans, je vais tous les lire, ça parle des grands espaces des high plains, des indiens et de la vraie Amérique), j'aime toujours la même musique celle avec des belles mélodies, des paroles percutantes (Céline Dion quoi), je suis toujours mégadrôle (et autosarcastique en prime), je suis toujours végétarienne, je pèse toujours le même poids (je suis persuadée que c'est en lien avec le fait de ne pas manger de viande) et mesure exactement la même petite taille, j'aime toujours écrire (je vous l'ai déjà dit) car parler de moi sans forcer quelqu'un à m'écouter et l'empêcher de parler.. et le pauvre, qu'il ne subisse pas mes états d'âme, ici, je le fais en guise d'auto-thérapie, je parle à quelqu'un mais je ne sais pas qu'il est, il est gentil, il dit rien et il m'écoute. Moins cher qu'un analyste. Et puis, comme je vous le dis et le répète, si je vous saoule, je ne vous force pas à me lire ! Par contre, je vais vous forcer de lire un webzine lyonnais pour lequel j'écris : www.miiy.fr, c'est bien, c'est beau, c'est frais. 

ET MON DEBIT DE MOTS EST TOUJOURS TROP IMPORTANT QU'IL SOIT ECRIT OU PARLE. PARDON JESUS. 

Je ne vous ai toujours pas raconté mon road trip. Ni plein d'autres choses, alors ça viendra, petit à petit, en attendant, je vous aime fort. Et merci à ceux qui m'ont envoyé des gentils messages fous tellement ils m'ont fait plaisir après l'article résurrection. 

LOVE

(encore un peu de photos du road trip avant de vous en mettre vraiment plein la vue)

Yosemite NP, California. 

Somewhere in Arizona. 

Bagdad Cafe, Road 66, Arizona. 

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