mardi 2 août 2011

LAST BUT NOT LEAST.


Bonjour les amis, 

Il est l'heure de faire le bilan de fin d'année. Ça fait un an tout pile que j'ai quitté la France. 12 mois que je vis le rêve américain. 12 mois que je partage ma vie avec celle d'une famille, aussi atypique que géniale. C'est l'expérience la plus enrichissante de ma vie, so far. Et pourtant, elle n'était pas constitué que de hauts, elle était bien plus souvent faite de bas... Sauf que les petits bonheurs américains prennent largement le dessus sur le vaste mal-être qui s'empare de la vie parfois. 

Je vais reprendre mes catégories de bilans que je m'appliquais à rédiger au début que j'étais là, quand chaque premier du mois, j'ajoutais +1 au temps que j'avais passé loin de mes chers et tendres, avant que je ne me rende même pas compte que trente jours supplémentaires venaient de s'écouler et que le +1 devienne -1, décompte des mois qui me restaient avant de quitter ce magnifique pays. 

Je vais donc tenter de répondre méthodiquement à ces 8 catégories en retraçant tout ce qu'il s'est passé cette longue année. 

ça risque d'être long mais vu qu'il y a des points spécifiques, vous pouvez lire en plusieurs fois - et puis un peu de courage, c'est le dernier article de ce blog :) 


1) La famille

Je vous rappelle donc comment est composée ma famille d'accueil. La maman qui travaille pour un juge mais qui a été ingénieur avant, le beau-père, anglais, qui travaille depuis la maison dans la pub/marketing (écriture - il écrit aussi des livres) et qui est accessoirement DJ. Le garçon qui a 10 ans et demi, très introverti mais sage, serviable, poli et très drôle en même temps, passionné de Pokemon, Lego, dessins super techniques et qui peut parler pendant des heures d'un sujet précis (dont généralement, on s'en tape le coquillard avec une pelle à gâteaux : l'évolution d'un Pokemon si on lui fait telle attaque, par exemple). La fille de 9 ans est très sociable, a besoin de beaucoup d'attention et a besoin d'être proche des gens, elle est dynamique, rigolote, aime faire des spectacles d'elle même.  Les enfants ont leur papa qui habite à 45mn d'ici, chez qui ils vont 2 week ends sur trois. 
Au mois de février, les parents se sont séparés et début mars, mon host est allé vivre dans un appartement à 5 minutes de la maison. Depuis, la mère a un nouveau petit-ami. 

Ca c'est pour la schéma de base, maintenant, laissez moi vous parler de ma relation avec eux. 

Je suis arrivée quand l'ancien Au Pair était encore là. J'avais été un peu effrayée en me demandant si ça allait être possible de devenir aussi proche d'eux. Je vous le confirme, ça l'est. Bien sûr, on n'a pas la même relation. Tout comme ma relation avec les deux parents est différente. La séparation a été difficile, je ne vous le cache pas. Forcément, avec leurs différends et puis le fait que je discute avec les deux, et que je sois le lien fixe avec les enfants, même si je ne voulais pas et eux non plus, je me suis retrouvée au milieu. Il y a eu une fois ou deux où c'est devenu compliqué et ensuite, j'ai vraiment essayé de prendre du recul et poser des limites. Mais voilà, j'ai la chance d'avoir deux hosts qui sont intelligents, adorables et compréhensibles et malgré ces quelques fois compliquées, ils ne m'ont jamais forcée à détester l'autre ou m'ont monté la tête contre l'autre. J'ai été au milieu, certes, mais je n'ai jamais pris parti. Cette séparation m'a affecté bien plus que je le pensais, d'une part, de voir mes "parents" d'accueil se séparer mais aussi ensuite, de voir les conflits que ça entraîne et de se sentir inutile car je ne pouvais pas les aider à aller mieux et que je ne pouvais pas rien réparer, à part être là pour eux et les écouter. Bizarrement, les enfants s'en sortent plutôt bien et ne semblent pas trop perturbés. Ils voient toujours mon host presque tous les jours et puis vu qu'ils passent la majorité de leur temps avec moi, et que moi, je n'ai pas bougé, je pense que ça leur a donné un point de repère. Ces enfants qui, je me souviens, au début, m'étaient inconnus. Je ne connaissais rien d'eux. Maintenant, je peux interpréter les moindres faits et gestes. Je sais ce que tel comportement veut dire, je sais quand ils sont fatigués, tristes, énervés, heureux. Ce qui pourtant me réjouit, c'est qu'ils sont encore plein de surprises - comme il y a 3 semaines, où ils se sont tapés un fou rire pendant 20 minutes et que je n'avais aucune idée de la raison ! On m'avait dit que j'allais me sentir comme leur mère ou comme leur grande soeur. Pour moi, c'est différent, ce n'est aucun de ces sentiments. C'est quelque chose de bien plus fort que de l'amitié, je ne peux pas décrire à quel point c'est intense. Je les aime ces petits, malgré les fois où ils me font tourner en bourrique. De les voir rire à plein poumons me rend heureuse et de les voir tristes ou perturbés, ça me noue l'estomac ! C'est pareil avec les parents, ils ne sont pas mes parents, ne sont pas mes grands frère et soeur, ils ne sont pas mes amis, ils sont bien plus que ça. C'est une relation très unique et je pense que seules quelques filles au pair peuvent vous expliquer ces sentiments si intenses et si étranges qu'on a pour eux. Il ne faut pas oublier qu'ils sont aussi nos patrons et que bien sûr, des fois, des patrons, c'est pénible. Quand on a la chance d'avoir des hosts comme les miens, ce ne sont que des petits détails ! J'aime rire avec eux, écouter leurs histoires farfelues, j'aime danser avec ma host à Just Dance, un G&T à la main, j'aime quand mon host me rejoint à la piscine et qu'on discute au soleil (et que lui prend des coups de soleil (ahah). 

J'aime cette famille, ils vont me manquer terriblement. Ils sont mon quotidien, mes habitudes. Me retrouver dans le tourbillon de stress de la rentrée et des retrouvailles va sûrement me coûter un bon mois de rehab où je vais devoir réapprendre à vivre à la française, parmi les miens. On dit souvent que le contre-choc culturel, celui du retour, est encore plus fort que celui qu'on a quand on arrive dans le pays. 


2) L'anglais

Je comprends tout, à l'écrit et à l'oral (ou 90% - le vocabulaire technique et quelques phrases de slang bien tordues en moins). Je peux dire ce que je veux sans avoir à réflechir, et le mieux, c'est que je peux même trouver plusieurs versions pour le dire. Savoir nuancer, c'est pour moi ce qui correspond à la maîtrise de la langue. Je manque de confiance et de grammaire (je fais des fautes bêtes encore et encore mais bon, quand on sait que en français, à l'oral, je suis encore capable de dire "si j'aurais fait ça, je serais pas là"... malgré mes 23 ans d'effort pour apprendre à parler correctement). J'ai un accent prononcé que je pense je garderais toute ma vie (je filmais les gamins l'autre jour en leur posant des questions et j'ai été traumatisée par mon accent), puisque je suis incapable de reproduire les sons (dans ma tête ils sonnent juste mais vous les entendez faux, c'est pour ça que je chante comme un pied car je m'entends chanter super bien et en rythme, alors que je sais bien que c'est un calvaire pour vous de m'écouter fredonner). Ceci dit, on me dit souvent que mon accent n'est pas français mais allemand ou hollandais. Super, je n'avais pas d'accent allemand en Allemagne, il faut que j'aille aux Etats-Unis pour le choper. Je lis en anglais (lentement mais sûrement), rêve en anglais, j'ai des automatismes anglais (quand je dis "oui", "quoi", "ceci dit", "merde", ça sort presque systématiquement en anglais) et quand je place un mot anglais dans une phrase en français, je manque de finir ma phrase en anglais. Je case aussi des mots anglais dans presque toutes mes phrases française. Je pense que mon franglais va vous gaver très vite, je fais pas exprès, c'est saoûlant mais ne m'en voulez pas quand je reviens ! Je ne suis pas bilingue mais j'ai progressé, considérablement. 


3) Le travail

Dans cette famille, je n'étais pas considérée comme une employée, ce qui veut dire que nous sommes très proches et ils sont mes amis avant toute chose, je suis une "family member"... Ce qui veut dire, beaucoup plus de travail, aussi bien en nombre d'heures pendant les quelques semaines où les enfants sont à la maison (encore heureux qu'ils partent tout le temps d'un côté car ce rythme là me tuerait en deux semaines) mais aussi en "extra"...en tant qu'au pair, on est sensée s'occuper des enfants, à la fin, j'étais plus une housemaid qu'autre chose, cuisine, courses, ménage, lessive etc...) ! 
Je me suis beaucoup impliquée avec eux, notamment à propos de la discipline : je me suis battue pour les repas, pour ne pas jeter la nourriture que je cuisine avec amour, pour qu'ils jouent quand on est à un playground (j'ai les seuls kids qui restent assis à côté de moi au lieu de jouer), pour qu'ils aient de good manners (ils sont super super polis mais ce genre de choses s'oublie vite)... mais aussi pour leur apporter une certaine stabilité et pour qu'ils aient confiance en moi et en eux. J'ai essayé de les aider d'autant que je pouvais. Durant l'année scolaire le travail était assez facile surtout quand mon host était encore à la maison et que les enfants étaient à l'école puisqu'il s'occupait des devoirs puis ces enfants sont particulièrement cool et faciles à gérer et plutôt drôles. C'est passé tellement vite ! Bon, je dois avouer qu'à la fin, garder les enfants me tapait un peu sur le système donc je perdais un peu ma patience et que faire du babysitting, je crois que j'ai eu ma dose pour un bon bout de temps (mes petits frères d'amour qui me manquent tellement ne comptent pas). 

Finalement, ce n'est pas de garder les enfants qui est le plus dur car cela devient très vite le quotidien, c'est tout le reste. Je pense que devenir au pair est quelque chose qui doit être mûrement réfléchi. On a tendance à croire que c'est la vie facile, ça ne l'est pas. Voir des gamines de 18 ans partir pour la première fois de chez leurs parents pour vivre l'expérience au pair, franchement, je leur souhaite du courage. Je n'aurais pas été capable de faire ça à 18 ans. Déjà car je n'aurais pas été autorisée à boire des bières et je l'aurais mal vécu (BLAGUE). Si des futures au pair lisent ce blog, refléchissez-y à deux fois : ce n'est pas que du bonheur, c'est physiquement, mentalement et sentimentalement éprouvant. 
Mais bien sûr, quand on repart en France après un an, on se rend compte comment on a changé, évolué et on ne garde que les bons côtés et l'impressionnante Amérique dans la tête et le coeur... 


4) La nourriture 

Je n'ai pas hâte de retrouver la nourriture française. Non, correction, la nourriture d'ici va me manquer terriblement, tout comme certains trucs français m'ont manqué toute l'année (le pain, le fromage, les fromages blancs et les compotes pomme-pruneaux). Vu que je suis végétarienne et que j'adore les légumes, il n'en fallait pas beaucoup pour me satisfaire. Et puis, presque partout où je suis allée, c'est le paradis des végétariens. Aussi bien à Boulder, Longmont, Denver, Portland, Seattle, New York, tous les restaurants (rapides ou ceux auquels on s'attable pour un vrai repas) ont des choix sans viande, sans poisson .... et même très souvent, sans gluten ou vegan !! Imaginez ça en France. Une pâtisserie qui a des gâteaux vegan (comment on dit ça en français, gros trou de mémoire) ? Impossible (ou alors c'est une pâtisserie bio). Et puis en parlant de bio, c'est incroyable le nombre de restaurants, fast-food, coffee-shop qui utilisent des produits bio ou issus de l'agriculture locale ou qui sont autosuffisants, qui recyclent etc, tout ça sans te coûter un bras... Bon, ça, c'est l'effet Boulder me direz vous, mais je trouve ça très chouette, un gros effort sur lequel la France a beaucoup, beaucoup, beaucoup de retard. Les supermarchés et marchés bio / local, ça aussi les gars, La Vie Claire ou autre "supermarchés" français peuvent se cacher. Whole Food, l'endroit où je peux passer 2h, à regarder tout ce qu'il y a de bon, à me faire des salades à emporter qui sont délicieuses et dépenser des sous dans des crackers de légumes, dans du tofu épicé. Je pourrais acheter tout le magasin et vu que je fais les courses pour ma famille d'accueil, croyez moi, c'est déprimant de retourner dans un supermarché basique après ça. Le Farmer's Market aussi, tout bio et local... certes, ça n'a rien à voir avec un vrai marché français, mais c'est bio et la culture marché aux USA n'existe pas ! Bon, il arrive parfois de faire des essais pas concluants dans les produits naturels et bios (le Kombucha for example, ndlr mon dernier article)

On m'avait dit que j'allais devenir énorme, facilement entre 5 et 10 kilos. Je me suis pesée pour la première fois depuis un an. J'ai pris 3 kilos. Je ne les vois pas vraiment car je rentre dans tous mes vêtements et je me sens plutôt bien dans mon corps. J'ai le bide un peu grassouillet, comme toujours vous allez me dire, mais je crois surtout que je me suis musclée. Aller courir, marcher, jouer dans l'eau avec les enfants, ça aide. Et puis surtout, cuisiner tous les jours des légumes qui viennent d'une ferme bio du coin et en faire des repas équilibrés, sains et léger, pour nourrir toute une famille. Je me démerdais pas mal en cuisine avant d'arriver ici, maintenant, je cuisine des yumminess que les enfants m'aiment pour ça !! Je dis ça, je dis rien, mais mes futurs colocs (oui j'ai espoir) de l'an prochain, ils vont m'aimer ! J'ai arrêter de rater mes plats (les cramer ou oublier des ingrédients). En même temps, je ne sais jamais ce que je cuisine et j'improvise complètement, donc je ne peux rien rater puisque c'est au feeling ! 
Je pense qu'on grossit aux USA quand on mange de la viande et qu'on se laisse tenter par les Starbucks sucrés (j'aime pas le mélange café/sucre, donc ça réduit les possibilités et la chantilly me rend nauséeuse), les drive-thru des fast foods et du paradis de la junk food dans les rayons de supermarchés... Oui car manger sain et bio, c'est pas vraiment la mentalité de la majorité de la population, la plupart des américains mangent des trucs hard-cores. Je remercie Jésus de m'avoir envoyé à Boulder pour ça. Ici, c'est juste beaucoup plus facile de manger sainement, bio et végétarien. Ça va être dur de se taper des sandwichs au brie pas fait ou beurre-emmental, ou des omelettes salade verte à chaque fois que je mange à l'extérieur ! 

Puis pour parler de spécialités à proprement parler, j'aime la cuisine mexicaine, les burritos bean/cheese, les green chilis, les quesadillas végétariennes, les tacos, les nachos, maaah, les 3 pauvres restaurants tex-mex testés en France peuvent vraiment se rhabiller !! J'aime aussi la nourriture thaï, pas nouveau, mais ici, c'est cent fois plus trouvable qu'en France. J'aime les burgers végétariens, les frites de patates douces, le crunchy peanut butter, les bagels + cream cheese, le oatmeal (flocons d'avoine je crois), les noix de pécan, j'aime le tempeh (un truc à base de graine) que je n'ai jamais vu en France, les hot sauces (pas toutes mais le tabasco chipotle et le tabasco vert, et la Sriracha qui n'est pas du tout américaine mais qui est trop bonne), j'aime la façon dont il prépare le tofu, épicé et grillé... Et quand même, je suis toujours attirée par les trucs sucrés et je ne cracherais jamais sur un carrot cake, un cheese cake, une pecan pie, une pumpkin pie, un bon brownie ! J'aime les bières américaines, celles des micro-breweries locales (New Belgium, Left Hand <3). Une stout, une Pale Ale, la Fat Tire de la New Belgium, je n'ai jamais autant aimé la bière et pourtant, j'ai passé un an et demi en Allemagne à boire des gin tonics car la bière ne me donnait pas envie.... Il y a un truc infâme dont je devais vous parler : LA ROOT BEER. baaaaah ! Je ne sais pas ce que c'est en français mis à part la traduction littérale : la bière de racine. C'est pire qu'un médicament pas bon, ça a le goût d'un médicament et de schnaps et de huile de camphre, en même temps. C'est sans alcool et les enfants en raffole (je ne sais pas comment, vraiment, c'est pas un truc d'enfants) et leur plaisir suprême, c'est la root beer float, avec une boule de glace à la vanille dedans. ARGH. Vomi ! Ils font ça avec des vraies bières dedans, je ne sais pas pourquoi ils font ça, quel gâchis ! 

Maman, si tu veux me faire plaisir quand je reviens, fais moi une soupe au pistou, prend une baguette fraîche de la boulangerie de St-Jean et achète du comté ! Je serais plus que ravie :-) ! Et mon premier resto à Paris sera la resto libanais, maaah, j'étais devenue accro l'an dernier, faut que j'y retourne, faire une cure (je suis devenue une pro du humus fait maison ceci dit, avec plein d'ail dedans, car manger de l'ail ça empêche les moustiques de me piquer, véridique!) 


5) La vie sociale et les cours

Ah la vie sociale aux Etats-Unis !! Il faut encore une fois que je vous explique deux trois trucs. Déjà, je n'aime pas les amitiés fausses. Avoir des tonnes de potes que je n'aime sans plus, juste pour me sentir cool et sortir tous les soirs, ça ne m'intéresse pas. Je préfère avoir des vrais amis, ceux sur qui on peut compter, ceux qui peuvent compter sur nous. Des amis intéressants et qui partagent les mêmes opinions que moi. Bon, ça fait un peu sectaire, mais je ne pourrais pas être amie avec quelqu'un qui prône l'homophobie, par exemple. Bref, du coup, ça réduit un peu les possibilités de sympathiser avec des gens lorsqu'une fois qu'on trouve quelqu'un con, on l'a rangé dans la catégorie con, à vie.... 
En plus de ça, je suis timide. On dirait pas comme ça car c'est pas vraiment de la timidité comme le nain de Blanche-Neige, c'est de la timidité sociale. Aller parler à quelqu'un. Ah. Bien trop dur ! Demander à quelqu'un d'aller boire un café. Ah. Terrifiant. J'ai donc énormément pris sur moi pour faire ce pas. Maintenant j'y arrive, je me dis que je n'ai rien à perdre et que je m'en fous de ce que les gens pensent de moi ! 
Donc bon, pour en revenir à la vie sociale et mes rencontres. J'ai passé la moitié de mon séjour en pensant avoir trouvé une super amie, Marine, dont vous devez vous souvenir car j'étais tout le temps fourrée avec elle. On s'est éloignées et je ne la vois plus du tout. 
Ma super copine de toute l'année, c'était Julia, ma copine/presque voisine allemande. Elle était au pair dans la même ville que moi. Au début, on était pas super proches et en fait, là, elle est rentrée en Allemagne depuis 15 jours et elle me manque beaucoup. C'est une fille tellement heureuse, tellement motivée pour tout et puis tellement gentille. C'est le genre de personne très serviable, qui s'est impliquée dans sa famille d'accueil, avec tous les enfants de Longmont j'ai l'impression ! On a fait des trucs cools toute l'année et puis c'est une excellente compagnone de soirée (le fameux mythe de l'allemande qui peut boire comme un trou). Mon autre super copine mais que je connais depuis 2 mois, c'est Junie. Une française au pair à Denver. Elle me fait marrer, elle est a-do-ra-ble et je n'exagère pas. Je regrette qu'elle soit pas arrivée avant à Denver car j'aurais passé mon année avec elle :-) J'ai hâte de la revoir en France. J'ai aussi retrouvé un cool pote d'un pote de mon petit frère, que Thomas connaît aussi, en stage à Boulder... Le monde est petit Puis sinon, j'ai rencontré plein de gens étudiants à Boulder. Ma pote Maisie de qui je me suis rapprochée d'elle que cet été alors qu'elle est TROP COOL ! Elle est super chouette et rigolote. Puis j'ai fait pas mal de soirées avec les gens de Left Right Tim, un groupe d'improvisation de Boulder avec qui je me suis pas mal marré. Pareil, un peu une grosse déception qu'à part les soirées, il était difficile de les retrouver pour faire quelque chose d'autre que la fête.
Quand je suis allée en cours à Boulder, à l'université du Colorado, j'ai rencontré des personnes adorables, on n'a jamais rien fait ensemble après les cours mais bon. Les cours en eux-mêmes étaient très intéressants (Writing in the visual arts & avant-garde films and the art) et vivre l'expérience du campus américain était quelque chose de cher mais de chouette ! 

Parler de la mentalité américaine en général serait faire des grosses catégories. Je vais juste vous parler de quelque chose qui m'a marqué : les américains font alors que les français parlent beaucoup. Ici, ils se bougent le cul. J'ai rencontré des jeunes ayant la vingtaine remuer ciel et terre, à leur échelle, pour rendre le monde meilleur. La culture du bénévolat n'existe pas en France, ou alors très peu. Ici, "volunteering" est quelque chose qui se pratique beaucoup et les gens ne s'en vantent pas. Ils font ça pour aider car ils sont engagés (pour de vrai et pas qu'en disant "je milite pour la protection de l'environnement " tout en jetant ses bouteilles de bière dans la poubelle normale) et que cela leur tient à coeur. Que ce soit pour aider des femmes battues, des enfants abusés, la planète, les animaux en voie de disparition, un musée d'art contemporain ou quoi que ce soit... Je garde un souvenir de certaines rencontres qui m'ont marqué et qui m'ont fait prendre conscience de l'égoïsme imparable des français. C'est quelque chose que j'ai noté sur ma bucket list : m'impliquer pour aider les autres autrement que par le simple fait de défendre mes idées (ce qui est déjà un bon début). 


6) Voyages et Projets

J'ai passé la première semaine de mon année américaine à St-Petersburg, Florida. Je n'ai pas fait grand chose vu que j'étais là-bas pour un stage d'au pair. Mais, j'ai vu une plage magnifique, un dauphin, des pélicans, des arbres exotiques, des lamantins et tempêtes tropicales hallucinantes. Ce qui m'avait frappé, c'est la chaleur de la Floride. Insupportable. Humide et étouffante. Le pire c'est que pour les 40°C extérieurs, on avait le droit à un petit 22°C à l'intérieur de chaque bâtiment, abusant de l'air conditionné. Qui dit Floride dit aussi millions de vieux, beaucoup d'habitants et de touristes. 
Pas vraiment un coup de coeur avec cette région... 

J'ai fait plein de trucs dans le Colorado mais je préfère garder ça pour la catégorie suivante "région"... Bien que mon micro road trip à Aspen fût tellement haut en couleur qu'il mériterait le statut de "voyage" plus que de week-end. 

Je suis allée à New York en décembre pendant une semaine. Ouah. J'avais New York dans tous mes fantasmes de voyage, tous les livres que je lisais, tous les films que je voyais. J'avais peur d'être déçue par l'image de mythe que je lui vouais. Hé bien non, New York est tout simplement fou ! C'est encore plus beau que les photos. L'air glacé qui me fouette les joues sur le toit de l'immeuble de Martin, à Brooklyn, en face du Williamsburg bridge, face à la skyline de Manhattan grouillant de lumières. Le vent qui décoiffe sur le Brooklyn Bridge. Le soleil qui va se coucher doucement en haut du Rockefeller Center. Les rues qui grondent de citadins pressés et de touristes émerveillés les bras chargés de cadeaux de Noël. L'odeur des noisettes et amandes caramélisées à la cannelle à chaque croisement de rue. La foule de Times Square, étouffante à tel point qu'on se demande si les néons n'amplifient pas cette impression de saturation. L'ambiance décontractée des cafés de Willamsburg dans lesquels il fait bon de souffler, enfin assise sur une chaise. Mourir de froid sur le ferry qui emmène à Staten Island en voyant la fameuse statue de la liberté s'approcher Les juifs orthodoxes avec leur coiffe bizarre en petits groupes de 3 ou 4 dans la rue qui m'intriguait fortement. Les doigts qui gèlent et les pieds en compotes à force de prendre des photos dans Central Park, en reconnaissant plein de coins grâce aux séries et films. Se tromper de sens de métro et se retrouver quelque part dont on ne soupçonnait même pas l'existence, être énervée mais heureuse en même temps. L'énorme soupir de soulagement lorsqu' après avoir oublier mon portefeuille dans un grand magasin, j'y retourne 15 minutes après et le caissier me fait des signes avec l'objet dans la main. Faire du patin à glace au rythme des chSe faire offrir un ticket pour le MET par un vieux pépé chinois et faire le musée au pas de courses jusqu'à ce qu'on se retrouve paralysée devant une fresque magnifique ou à rire toute seule dans une expo John Baldessari. Admirer les femmes entallonées et les hommes encostumés hellés un taxi jaune du bout du bras et être impressionnée par les 2 petites minutes que ça leur prend. Voir une performance au Moma et se sentir privilégiée et unique. Boire un gigantesque café bien chaud en marchant dans Soho, comme si j'étais du quartier et que je rentrais tout simplement chez moi. Se retrouver au pays des jouets pendant un ballet au Lincoln Center (The Nutcracker) et ne pas redescendre sur terre avant le lendemain dans l'avion. 

Toutes ces expériences n'ont rien à voir avec les films, les séries ou les livres. Même si certains nous rapprochent particulièrement de la réalité, utiliser tous ses sens pour vivre New York est époustouflant. Après une semaine de bruit, de densité, de bazar et d'agitation autour de moi, je suis revenue soufflée, trouvant le Colorado très calme, très vide... peut être un peu trop, réalisant à quel point j'aimais la ville. Je n'ai qu'une envie, c'est de retourner à New York. Y vivre un moment peut être. J'ai l'impression que c'est le genre de métropoles où il est bien plus facile d'être zen, malgré tout ce qui se passe autour. Bien plus qu'à Paris ! 

Mon autre semaine de voyage était ma virée sur la côte nord ouest de l'Atlantique. Alors là, c'est plus qu'un coup de coeur. J'avais envie d'aller à Portland depuis des années, j'avais envie d'aller à Astoria et Cannon Beach pour cause de grand amour pour les Goonies et puis Seattle et le Washington. Je rêvais certes des belles côtes embrumées, des maisons en bois ruisselantes de pluie et de sapins verts gigantesques mais je ne connaissais pas grand chose d'autre (pas comme New York où je pouvais dire "ha bah ça c'est telle rue".) Je n'avais pas un énorme budget vacances (pour cause de road trip en août) et puis j'étais toute seule donc j'ai décidé de couchsurfé. J'avais donc trouvé une fille trop cool à Portland et un mec trop cool à Seattle. Sauf qu'ils étaient encore plus cools que ça. C'était tellement génial, j'ai passé une semaine trop bien. J'ai rencontré des gens que je n'oublierais jamais. J'ai découvert Portland, ses rues boisées, ces maisons un peu délabrées mais tellement charmantes, le waterfront qui ressource... J'ai pris le bus jusqu'à Astoria, en passant par des magnifiques forêts et Cannon Beach. J'ai marché jusqu'au Goondocks (quartier des Goonies) et j'ai visité le musée maritime. J'ai parcouru Seattle en long en large et en travers, je suis allée au SAM (Seattle Art Museum) et j'ai mangé des super bonnes cerises au marché couvert. J'ai abusé de bières, manqué de sommeil, beaucoup trop marché. Je me suis coupée du reste du monde pendant une bonne semaine, j'ai fait le vide, j'étais infiniment moi-même. Portland est un énorme énorme énorme coup de coeur. Je m'imagine bien m'installer là bas. La mentalité écolo et l'ambiance alternative partout, le calme et la verdure et l'agitation de la ville en même temps. Allez à Portland, ça vaut le coup ! 

Dans 4 jours, je m'en vais au volant de mon gros minivan Ford parcourir les montagnes du Colorado, les parcs nationaux de l'Utah (Arches NP, Canyonlands NP, Bryce Canyon, NP), les déserts du Nevada et de la Californie, en espérant survivre à la vallée de mort, la folie de Vegas, les cols sinueux de Yosemite National Park, les collines de San Francisco, les forêts de séquoia et la côte embrumée californienne, le trafic de LA, la route 66 jusqu'à Flagstaff Arizona, le grand cayon, les routes ensablées de Monument Valley jusqu'à celles de Grand Sand Dunes pour enfin reprendre l'I-25 jusqu'à Longmont. Plus de 5000 kilomètres en 23 jours. Il paraît que ça va être le voyage de notre vie. We'll see ! Là pour l'instant, je trépigne d'impatience pour qu'il soit 18h45 pour que j'aille jusqu'à l'aéroport afin de récupérer mon frère d'amour et mes petits Tom et Paulinette ! 

Je suis allée dans le Wyoming pour une journée mais ça ne compte pas vraiment comme un voyage vu que c'est limite à la même distance que Denver. Parlons donc de la région. 

7) La région. 

Le Colorado est une région magnifique dans laquelle je n'aurais jamais eu l'idée d'aller si je n'avais pas trouver ma super famille... Du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, tout est différent. J'habite plus ou moins au centre/nord du Colorado, à Longmont. Je suis à une vingtaine de kilomètres à l'est de la Front Range des Rocheuses. De chez moi, on voit donc les sommets "fourteener" (14000 feet d'altitude, dans les 4,430 mètres) du Rocky Mountain National Park. Longs Peaks qui est pile en face de Longmont avait encore quelques touches de neiges en plein mois de juillet. Si je trace la route vers l'est, je suis dans les high plains, c'est à dire des champs à l'infini. Et ce jusqu'au Kansas ou Nebraska, des états dont on se moque beaucoup, ici dans le Colorado, puisqu'ils sont plats et à part les champs de maïs, il n'y a rien à voir. Faut dire, que le Colorado n'est que diversité, comme je vous disais, entre les plaines, les montagnes des cow-boy et les montagnes des touristes, les déserts, les prairies, les villes énormes, les villes fantômes, les villes minières, le Colorado mexicano, le Colorado des pionners, les lacs, les roches rouges, les dunes de sables etc... 

Longmont se situe à 45 minutes voir une heure de Denver, la capitale de l'état. Denver est une ville assez grande mais le centre ville en lui-même n'est pas bien grand. Les influences mexicaines, les skyscrapers postmodernes, l'ambiance de l'ouest, des pionniers et de leurs grandes mansions, des amis de Buffalo Bill et la culture cow-boy, sans oublier les vestiges de la Beat Generation lorsque comme Dean Moriarty et Sal Paradise on remonte Colfax ou s'égare sur Larimer Square... J'aime bien Denver mais je trouve cette ville pas vraiment accueillante. Il faut dire que les intérêts de la ville ne sont pas du tout concentrés au même endroit, il faut prendre sa voiture pour pouvoir tout voir... 

Boulder par contre est minuscule mais fantastique, à 25 minutes de chez moi. C'est ma ville préférée du Colorado et ça me fait beaucoup penser à Portland pour la folie écolo (des fois c'est vraiment abusé) et le côté "tout est bio tout est végétarien on est super à gauche". C'est une ville universitaire (donc beaucoup de jeunes) avec un campus magnifique, des bars cools et des bons restaurants et brasseries (avec des booooonnes bières), des magasins sympa.... Pearl St, la rue piétonne est l'endroit où je vais me changer les esprits, juste à errer dans les boutiques et à écouter les musiciens qui sont constamment présents. The hill, le quartier universitaire est chouette aussi bien que crowded pendant les cours. Malgré tout, les étudiants sont un peu trop friqués/péteux/fils/fille à maman et papa à mon goût. Bon, bien sûr, pas tous, mais une incroyable majorité. J'ai aussi rencontré des gens formidables, intelligents et intéressants. Ce que j'aime le plus à Boulder, c'est que tout le monde bouge. Les gens sont musclés car ils passent leur temps dehors à randonner dans les magnifiques montagnes et canyons à quelques minutes à pied du centre ville (Chautauqua, Boulder Canyon), à faire du ski et du snowboard, de l'escalade et du vélo. 

En roulant moins de deux heures, on a accès aux meilleures stations de ski des Etats-Unis. J'ai juste testé Keystone, c'était incroyable. Gigantesque et la neige d'une qualité incomparable. Bon, j'ai eu la malchance de me fracasser la gueule en janvier et prendre l'ambulance et testé les urgences américaines, donc ça m'a freiné un peu pour monter souvent. Il y a aussi le Rocky Mountain National Park qui est un havre de paix et de nature. J'ai vu des élans et des aigles et des chipmunk.... et j'y ai même fait du cheval  ! 
La nature est vraiment ce qui va me manquer le plus, les lacs pas loin de chez moi où j'ai l'habitude de me promener, les montaaagnes (et les couchers de soleil à tomber par terre sur les Rocheuses) et encore les montagnes. 


8) Le moral. 

Je ne vais pas vous le cacher, j'ai eu des gros gros gros moments de déprime. Mais tout en y pensant, je sais que ce n'est pas du au Colorado ou à l'expérience que je vivais (même si elle m'a donné du fil à retordre et qu'être au pair, c'est beaucoup plus dur que ce qu'on imagine et ce n'est pas rose tous les jours), j'étais perdue dans ma vie, dans ce que je voulais et je ne savais plus qui j'étais. Je suis partie pour mettre les choses au clair et vivre une expérience de folie. Ça a marché, je n'ai jamais été mieux dans ma tête et dans mon corps que je le suis maintenant. Je me retrouve enfin, la Agathe que j'étais il y a bien longtemps, celle que je ne retrouvais pas. Je me suis calmée et reposée, prête à affronter mes 4 ou 5 années d'études qui me restent avant de devenir une adulte. Je sais que certains français aimeraient bien que je me pose enfin quelque part, que je construise ma vie mais je vous l'ai déjà dit... avoir une vie que je trouve ennuyante, je préfère mourir de suite. Je retourne à Paris en septembre, je ne sais pas pour combien de temps. Je laisse l'avenir décidé de mon futur ! 
Bien sûr, mes coups de blues étaient généralement liés à des grandes périodes de homesick. Vous m'avez tous manqué pendant cette année mais au final, je ne pense pas que vivre loin pour moi soit un problème car vous êtes tous ép arpillés entre la France, l'Allemagne, l'Ecosse ou quoi et du coup, même en étant en France vous m'auriez manqué. 
Maintenant, j'appréhende un peu le retour en France, non seulement pour le stress que la rentrée va engendrer (je fais denver-geneve-lyon-aix en provence-lyon-paris-lyon-paris-lyon-jura-lyon-paris... avec des retrouvailles, des recherches d'appart, un début de cours), au moins, je n'aurais pas le temps de penser combien le Colorado me manque et comment j'aimais ma vie américaine, et comment les quesadillas et une bonne stout me manquent. Bah ! 


Voilà mon petit bilan de l'année mes enfants. Mon frère est à NYC en ce moment. J'ai hâte de le voir, j'ai hâte de partir en vacances mais j'ai la gorge serrée tellement ce voyage rime avec c'est la fin. 

Cet article sera donc le dernier de mon blog puisque je ne suis plus au pair à partir de vendredi. Ce fût un plaisir de vous écrire, vous raconter ma vie et vous faire partager mes photos et les petits trucs que j'aime. Avoir un blog à tenir nécessite discipline mais c'est aussi quelque chose de fantastique. J'aime écrire mais j'avais avant aucun but à la rédaction de textes. Ce blog a donné un sens à mes récits d'aventure. Merci pour votre fidèle lecture, pardon si j'ai souvent trop raconté ma vie et que mes articles étaient bien trop longs. Cela va me manquer de vous poster des articles. 

I LOVE YOU ALL ! 

(un article d'Agathe dit forcément trois tonnes de photos et de gif, alors pour la dernière fois, je vous offre une petite sélection d'images) 
























I want to go there.

I want to go there too.  

And there too. 

There also. 


BYE BYE KIDS IN AMERICA ! 




5 commentaires:

Anonyme a dit…

Hi!je suis aussi au pair (ds le Connecticut mais grâce à toi j'ai une envie folle d'aller ds le Colorado!) j'ai vraiment aimé te lire, je me retrouve parfois ds tes récits ^^ j'aime la façon dont tu écrit! profites de ton voyage et de ta future vie! merci pour ce fabuleux blog!
Cam

Anonyme a dit…

J'ai suivi ce blog avec beaucoup d'intérêt. Tu as une façon de penser qui me plait beaucoup et je trouve ça vraiment dommage de devoir laisser kids in america. En tout cas, beaucoup de courage pour le retour à la vie française (crois moi, c'est dur le premier mois puis tout va bien!) et bonne continuation :)

Anne-Laure a dit…

Aaaah c'est la fin de ton blog ! SNIFFFF ! Je t'ai globalement bien suivie cette année et bien ri aussi à la lecture de tes billets.

Au fait, le tempeh c'est super bon. C'est en gros, du soja fermenté que l'on consomme en tranches que l'on fait frire par exemple. Une sorte de steak végétal hyper riche en protéines végétales.

Je te souhaite beaucoup de chance, de bonheur dans tes projets à venir.

Anne-Laure

Anonyme a dit…

Vegan = végétalien ;-)

Anonyme a dit…

Bon je réitère apres l'effacement de mon commentaire.
Je suis contente de te revoir enfin ma petite Agathe. Tu m'as tellement manquée! Et puis ton expérience va me motiver a partir moi aussi. Peut être que l'on aura l'occasion de faire un bout de chemin ensemble :) fais bon voyage on se voit dans quinze jours. Love u !!! Anais