vendredi 8 avril 2011

Frühling = grillen = jamais je n'aurais pensé qu'une Bratwurst aurait pu autant me manquer.

Nous sommes vendredi, il est 18h57, il fait beau et chaud. 

Et comme toute fin de semaine, j'ai envie de boire une bière. Mais alors là, avec les conditions météorologiques, j'ai pas envie de boire une pression au comptoir d'un bar miteux. Non, j'ai envie de boire une bière dans un jardin/parc avec de l'herbe bien verte, grasse et humide, avec des guirlandes/bougies offrant une lumière bien trop tamisée pour être sûrs qu'on ne se soit pas assis dans un caca de chat. Il y aurait Noémie qui porterait une jupe longue et qui aurait fait une tarte aux oignons. Saphia aurait cuisiné un de ses fameux cakes, et elle aurait une histoire pas possible à nous raconter, une cigarette dans sa main qui bouge dans tous les sens. Corinna, elle, aurait ramené une salade qu'elle aurait transporté sur le guidon de son vélo et vu qu'encore une fois, elle serait partie à la dernière minute de chez elle donc elle serait toute rouge d'efforts. Moi, bien sûr, j'aurais cramé un gâteau et j'aurais envie de faire pipi - très très urgent - mais j'oserais pas aller dans les fourrées donc je serais en obligation de partir en expédition M18. 

Oui car ce que je n'ai pas précisé, c'est que mon pic-nic se trouve en Allemagne. A Weimar plus précisément. On aurait retrouvé des copains super équipés avec barbecue, Bratwurst et Brötchen. On aurait picolé et on aurait ri, on aurait espionné des Mr Parfait et autres mâles virils jouant aux badmintons. Puis on aurait posé nos plats, couvertures et autres attirails de pic-nic chez l'une ou l'autre, afin d'être libre comme l'air pour aller danser jusqu'au lever du soleil là où la nuit aurait décidé d'être bonne. 

Je suis nostalgique à mort. C'est pas bon et ça vous embête - mais seuls ceux qui ont vécu ça savent à quel point c'est la complétude ce genre de soirées (j'en ai des comme ça dans tous les endroits où j'ai habité donc je veux pas de jaloux. J'ai pris la soirée type d'un jour comme aujourd'hui) (Profit, je sais que tu vas me dire "oh mais tu parles même pas de moi") (grillée d'avance). D'écrire ces souvenirs me permettent de m'évader de la période actuelle, qui n'est pas très facile. Si on avait une sorte de thermomètre qui évaluerait combien la maison est paisible et joyeuse en ce moment, c'est sur que l'aiguille ne pointerait pas vers le beau fixe. Pour vous rassurer, ma relation avec mes hosts n'est en aucun cas houleuse, au contraire, elle est plus forte que jamais. Mais j'ai l'impression que n'importe où que j'aille, des électrons de catastrophe gravitent autour de moi. Constamment. Disaster-girl, je écrivais un jour. La vie est un long fleuve tranquille, BULLSHIT moi je vous dis. Je me sens désoeuvrée et seule. J'aimerais être une sorte de fée qui arrange toutes les situations tout le temps. Car même si je ne suis part d'aucun des problèmes, ils me touchent et m'attristent. 

Du coup, ben c'est moi qui tombe au fond du trou, sans aucune raison valable. Broyer du noir et imaginer comment la vie pourrait être meilleure. A calimerer quoi (Vb du 1er groupe. Etymologie : Calimero (Personnage de fiction, Calimero est né en 1961. Les épisodes de dessins-animés, (diffusés avec les séries de grande écoute pour enfants) se concluaient systématiquement par la même complainte se perdant dans l'éloignement « C'est pas juste! C'est jamais juste ! c'est toujours à moi qu'on s'en prend ! C'est pas parce qu'on est petit et faible que... » dont la fin inaudible a donné lieu à bien des supputations. Le nom du personnage, et sa célèbre phrase préférée « C'est vraiment trop injuste » (souvent écrit « C'est vraiment trop inzuste », le personnage zézayant), entrent ainsi dans l’imaginaire collectif : Calimero devient le symbole de la personne qui se plaint de manière dérisoire ou victime d'un syndrome de persécution.) (merci wikipedia) En même temps, je pense que Droopy me va bien aussi : (Il est lent et triste, mais est capable d'exploits surprenants, et peut être incroyablement joyeux ("I am happy!"). Son discours est rare et paradoxal ("Hello happy taxpayers!" : « Bonjour, joyeux contribuables ! ») Sauf que je ne suis pas lente et que je parle trois cent fois plus que lui. Au minimum. 

Je sais que dans deux ans, je pourrais écrire le même article que celui-là, après encore une fois avoir fuit le paradis sur terre (Lyon, Weimar, Paris... et maintenant Boulder... toute personne normalement constituée (ou alors beaucoup plus solide que moi) lâcherait tout ce qu'elle possède pour s'y installer), ayant l'impression que ça n'ira jamais mieux, pour trouver un lieu fleurissant de bonheur et de calme. La philosophie du toujours plus. 
Je commence à saturer de n'être jamais satisfaite. Pourtant j'y crois, je fais tout pour et paf, ça me retombe dans la gueule. Je sais que ce n'est pas un schéma purement agathien, mais pourquoi ça s'acharne comme ça sur les gens ? On croit vouloir des choses et quand on les a, on se rend compte que ce n'était pas ce qu'on se voulait car en fait, on n'en sait rien du tout de ce qu'on veut. Je crois vouloir rentrer à Lyon car dans mon cerveau actuel, c'est rangé dans la case : paradis. On ouvre les paris ? Dans 1 an je veux aller ailleurs car je vais croire qu'il y a mieux ailleurs. Je me demande vraiment ce que je ferai de ma vie dans 10 ans. Petit Jésus, si tu existes, c'est le moment de me donner un coup de pouce (un métier bien payé qui tombe du ciel) (un mec pas collant mais toujours là quand on en a besoin, qui ressemble si possible à Aaron Johnson - je ne sais pas comment j'ai pu ignoré cet individu de ce niveau de beauté jusqu'à il y a dix minutes et qui est intelligent et drôle) (tous mes amis au même endroit) (je te donne juste des conseils si tu n'arrives pas à figure it out toi même, Petit Jésus, de ce que tu pourrais faire pour moi) (car vraiment, je commence sincèrement à douter de ton existence) (et me dis pas que tu ne fais rien car j'ai dépassé le quota de "mauvaises actions" et qu'il faut que je fasse plein de bonnes actions pour faire contre-poids : Jésus, j'ai eu des bonnes notes à l'école, j'ai pas vraiment fait de crise d'adolescence, j'ai donné des sous pour le Japon et je ne souhaite que joie et amour au monde entier)

 Je crois vouloir être indépendante - du genre besoin de personne, pas besoin de beaucoup d'amis, pas besoin de vie sociale, pas besoin de mec, pas besoin de stabilité, pas besoin de famille proche - encore une fois BULLSHIT. Je suis plus que contente d'avoir un toit avec des gens que j'aime ici, je m'imagine pas toute seule perdue dans la cambrousse. J'en suis même au point où j'aimerais que ma maman rentre du boulot avec une baguette de St-Jean et qu'on la mange en trois secondes en se demandant de quoi va être composé notre dîner. Et pourtant, ma mère n'est pas du type couveuse et je ne vis plus avec elle depuis presque 4 ans (oh my god déjà ?) ! 

Faut que j'arrête ça. 

Mon futur beau-père (c'est la première fois que je l'appelle comme ça) a un "dicton" préféré: "ce qui est et pas ce qui devrait être" (j'espère que je ne l'écorche pas). Si seulement j'arrivais à en faire ma putain de philosophie de vie. Parce qu'en vrai, ça va, malgré les ondes négatives, je ne suis pas à plaindre. Je suis juste une râleuse insatisfaite qui essaye de contrôler sa vie alors qu'une vie ça ne se contrôle pas. Et que les meilleurs choses arrivent quand tu ne les prévois pas. La preuve, venir aux Etats-Unis grâce à une décision prise en une semaine. 

Sur ce, écrire un article m'aide souvent à aller mieux. Je vous avais déjà parlé du fait que je vous prenais un peu pour mes psychanalystes ? Bon, bien alors, je vais vous laisser. 

Demain, si la force du réveil est avec moi (je suis explosée de fatigue, la preuve : j'ai super faim mais l'idée de descendre mes escaliers ça me fatigue tellement mentalement que je ne le fais pas) (pourtant vous savez comment j'aime manger), je prendrais le bus pour aller downtown Denver, où j'irais me promener toute seule toute la journée. Ça va faire du bien. Prendre l'air et me remettre les idées en place. Et accessoirement cultiver mon cerveau de choses intellectuellement intéressantes en allant voir une expo et potentiellement manger des sushis végétariens (l'antithèse du sushi : le sushi au légume) car j'en crève d'envie. Encore un reste de Weimar ça :) 

Des bisous mes loulous <3
Faites des barbecues en plein air pour moi, please. 

(pas d'image pour aujourd'hui, je fais la grève)


Edit 5mn plus tard : si en fait, je vous mets une image. Car j'ai traduit mon article pour voir ce que ça donnait en anglais (comment utiliser son temps de manière utile). Je n'aurais jamais pensé que cela m'aurait fait rire comme un gros dindon - 


(Jill m'a appris que la France avait une race de chien appelée les "loulous" qui en fait, de leur noms scientifiques, sont nommés "poméraniens". Je me marre tellement)


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Tout pareil je ressens.
Et oui ça s’appelle " les loulous de Poméranie" genre ils viennent d'une contrée lointaine perdue dans la toundra russe on dirait.

Anne-Laure a dit…

ça m'a toujours fait rire ce nom de chien : le loulou de Poméranie.

La Poméranie :
région côtière au sud de la mer Baltique, située en Allemagne (Pommern) et en Pologne (Pomorze) entre et sur les rives des fleuves Vistule et Oder atteignant la rivière Recknitz (de) à l'ouest.

Le loulou :
Petit chien à longs poils, au museau pointu et à la queue recourbée sur le dos.
Le loulou est un chien amical et fidèle mais son « double » pelage demande un soin constant.

Merkiiiii ? Merki wiki !

Bref un chien qui remue beaucoup la queue.